Chroniques Cinéma·Chroniques Littéraires

Chronique double | Sharp Objects de Gillian Flynn & HBO

Les adaptations cinématographiques sont toujours épineuses. Et, parfois, elles sont très réussies. Je vais m’efforcer de ne laisser passer aucun spoiler dans cette double chronique.

Livre: Sharp Objects, Gillian Flynn (260 pages paperback), lu en anglais

Série: Sharp Objects, mini-série HBO, vue en anglais

J’ai lu Sharp Objects en une journée, plongée dans l’intrigue vertigineuse qui détaille avec un réalisme assez morbide santé mentale et troubles de la personnalité. Il suffit d’aller jeter un œil à mon bilan lecture du mois d’avril pour comprendre que j’ai adoré ce roman, auquel j’ai donné 5 étoiles sur Goodreads.

Ayant été transportée par le livre, j’ai donc décidé de continuer avec la mini-série HBO sortie en 2018 dans laquelle on retrouve Amy Adams et Patricia Clarkson dans les rôles de la mère et de la fille.

J’ai beaucoup aimé la série et ai notamment apprécié reconnaître les dialogues exacts du livre transportés mot pour mot à l’écran. L’ambiance est toujours sombre, pleine de suspense, et le jeu des acteurs correspond plutôt parfaitement à la manière dont j’avais imaginé les personnages, ceci étant probablement dû à la présence de Gillian Flynch en tant que productrice déléguée.

Cela étant dit, j’ai remarqué quelques différences avec le livre qui, sans m’avoir particulièrement déplu, m’ont laissée un peu frustrée à la fin de la série.

Premièrement, l’absence de narration à la première personne efface la profondeur du livre une fois adapté; je veux dire par là que je me suis sentie moins proche de Camille, le personnage principal. En effet, chaque scène du livre est contée au travers de son expérience, tandis que la série contient des scènes (peu nombreuses) où Camille est absente.

Deuxièmement, l’adaptation cinématographique a quelque peu émoussé le suspense relatif au dénouement (aka, qui a tué et pour quelle raison) en donnant plus d’importance à certains personnages secondaires dans la découverte de la vérité. Dans le livre cependant, c’est Camille qui vient à bout du mystère. Ceci m’a déçue dans la mesure où la tension du livre est défaite assez rapidement vers le milieu de la série, alors que l’incertitude est présente beaucoup plus longtemps dans le livre.

Troisièmement, la fin de la série est bien plus soft que celle du livre. Elle arrive également dans les deux ou trois dernières secondes du dernier épisode tandis qu’elle s’étend bien plus longtemps dans le livre, permettant ainsi de mieux comprendre la psychologie des personnages (notamment du tueur). J’ai trouvé que la série ne détaille pas assez les raisons des meurtres et les mécanismes psychologiques qui ont amené à agir.

Les producteurs de la série ont fait le choix d’ajouter certaines scènes, de mettre l’accent sur certains éléments qui avaient été moins soulignés par le livre. Cela ne m’a cependant pas dérangée, au contraire, j’ai trouvé ces ajouts importants, permettant de combler les creux inévitables lorsque l’on adapte un thriller à la télévision.

Voilà, cette chronique résume mon opinion sur le livre et la série. J’ai dans l’ensemble adoré les deux, bien que ma préférence, s’il fallait la donner, aille peut-être au roman.

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